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La régénération

Octobre, la saison arrive à son terme. De nombreux triathlètes se retrouvent face à un dilemme : Couper ou Ne pas couper ? Si je coupe, est ce que je ne risque pas de tout perdre et de repartir de zéro ?

Voici quelques conseils, afin de gérer au mieux cette période.

Dans un premier temps, il convient de définir cette phase. Plutôt que de parler de coupure ou d’intersaison, je préfère utiliser le mot de régénération. En effet, les premiers termes sous entendent une notion de rupture, comme s’il n’y avait aucun lien entre les saisons, comme si on effaçait tout et on recommençait. Cela voudrait dire que l’on n’apprendrait jamais des saisons passées. Pas étonnant alors que cette période soit une cause d’angoisse pour les triathlètes (addicts à l’entraînement) qui n’osent pas en profiter pour se reposer car ils craignent trop de perdre leurs acquis.

reposCes notions correspondent à un découpage calendaire imposé par nos sociétés et par le fonctionnement des fédérations. Tout comme notre semaine qui correspond souvent à un microcycle ou encore le mois à un cycle de travail. Pourtant un microcycle peut durer 10 jours et un cycle 6 semaines… il est vrai que cela nous arrange, car l’entraînement est également organisé en fonction des contraintes professionnelles.

Il faut plutôt considérer cette période comme un cycle de régénération, à l’échelle de l’année, indispensable pour digérer le travail accompli et ainsi passer un cap, au même titre qu’une semaine un peu plus légère dite d’assimilation à l’échelle du cycle d’entraînement classique ou que les séances de récup active et les jours de repos complet à l’échelle du microcycle. Mais ici, du fait d’une accumulation de travail sur toute l’année, elle sera plus longue.

Il faut rappeler que le trépied de l’entraînement permettant de progresser est le volume, l’intensité et le repos (ou récupération). En effet, sans ce dernier, le phénomène de surcompensation est impossible.
Souvent, on entend qu’il ne faut pas tout arrêter, il faut conserver un entraînement par discipline ou se mettre au VTT ou au trail, ou encore en profiter pour mettre les bouchées doubles en natation… pas facile après une année d’efforts et de sacrifices. Je pense au contraire que pour être profitable, ce travail doit être précédé par une période de récupération, afin d’être frais mentalement et physiquement. Personnellement, une sortie en VTT ou trail me demande pas mal d’efforts et je ne suis pas sûr que cela me fasse récupérer ! Quant aux séances d’éducs natation, elle nécessite de la concentration et un investissement mental très important.

D’un point de vue physiologique, un repos complet sans aucun effort de 3 semaines entraîne des désadaptations significatives et 60 à 70% des acquis physiologiques aérobies sont perdus après 6 à 8 semaines d’arrêt complet.

Sur le plan psychologique, la longueur de la période de préparation à l’objectif engendre beaucoup de fatigue et de lassitude. De plus, les vacances scolaires sont terminées, le train-train professionnel à repris souvent jusqu’aux fêtes de Noël et si l’on ajoute à cela le changement de saison avec l’arrivée du froid et des jours de plus en plus courts, alors il faudra avoir des réserves mentales et physiques pour affronter tout ça. Une phase de léger désentraînement permet donc une décharge émotionnelle indispensable, pour se relancer vers un nouvel objectif.

Au vue de ces deux plans, il paraît donc judicieux de réaliser un repos complet. Cet arrêt se limitera à salutation au soleil2 semaines. Durant cette période, le mot d’ordre est ne plus penser triathlon ni même sport. Profitez en pour vous relaxer dans les espaces aqualudiques ou les spas, pour rester chez vous à passer du temps avec votre petite famille ou bricoler ou encore mieux ne rien faire (ça fait du bien aussi). Vous pouvez faire un check up chez votre médecin ou ostéo. Avec le changement de saison, c’est le moment également de faire une cure (vitamines et minéraux) en fonction de votre bilan sanguin. Vous pouvez tout de même faire les randos du coin, histoire de « dérouiller » la machine. Vous pouvez également vous essayer aux postures Ayurvédiques et notamment réaliser « la salutation au soleil ». Cet enchaînement de mouvements simples vous permet d’améliorer votre souplesse tout en tonifiant (gainant) le corps.

La 3ème semaine sera la reprise progressive de l’activité physique. De part sa composante technique, la natation fera partie de votre programme (2 séances) sans avoir de thème précis à part reprendre le contact avec l’eau et avec les collègues du club. Pour le reste de la semaine, s’essayer à d’autres activités n’ayant pas forcément de rapport avec le triathlon : futsall, badminton… Il convient également, après cette courte période de repos complet de faire un bilan de la saison passée. 15 jours « loin » de votre passion, vous permettront de faire le point objectivement : Avez-vous rempli vos objectifs fixés l’année dernière ? Faire le listing de tous les points positifs et les domaines où vous avez progressé (transition, vélo, résistance CAP…) ; mais noter également les points négatifs et pourquoi ils le sont (pas passer assez de temps, mauvaise méthode…), les axes de progression qu’il va falloir privilégier (soup lesse, endurance de force gainage, technique de nage…), ainsi que les méthodes pour y parvenir (muscu, posture Yoga, éducatifs…).

Je vous conseille de les noter sur un papier ou sur votre ordinateur et de demander à votre coach si lui aussi tire les mêmes conclusions. Puis se fixer les objectifs pour la saison prochaine. A l’issue de cette semaine de réflexion et de (bonnes) résolutions, c’est le moment de l’élaboration de la planification de votre entraînement en fonction de tous ces paramètres.
Enfin, la 4ème semaine est celle de la reprise progressive de l’entraînement proprement dit. De part sa dimension technique très importante et parce qu’il est plus facile d’aller au stade nautique en cette période automnale (jours plus court, froid…) l’accent sera mis sur la natation. Nous entrerons alors dans la PPG (préparation physique générale). Le travail des points faibles prendra une place prépondérante. Tandis que les points forts seront plutôt réservés à la période pré-objectif.
Quoi qu’il en soit n’hésitez pas à vraiment lever le pied en cette période, sinon c’est votre corps qui vous l’imposera plus tard !!!…

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Article proposé par Cyrille Routier